Les incidents survenus à Palmar dimanche après-midi ont confirmé que l’île Maurice a régressé en matière de law and order. Des policiers repoussés par des membres du public, des bouteilles lancées et des véhicules endommagés : les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux parlent d’elles-mêmes. Selon nos informations, trois dépositions ont été consignées par des officiers de police suite aux altercations d’hier, mais aucune arrestation n’a été effectuée à l’heure actuelle.
À cela s’ajoute le reportage de la MBC sur les rallyes illégaux à Roche-Bois. Nous y voyons la police mobilisée sur les lieux vers 1 heure du matin, non pas pour intercepter les motocyclistes, mais pour effectuer des contrôles de routine sur les automobilistes. Pour enfoncer le couteau dans la plaie, ces amateurs de MotoGP à la mauricienne saluent les autorités en passant sur la voie rapide alors que ces derniers se trouvent de l’autre côté de l’autoroute, impuissants face à de tels délits.
Face à tout cela, le regard du public se tourne naturellement vers le commissaire de police, Rampersad Sooroojebally, homme mystérieux qui s’est révélé à la presse le 10 janvier lors de la présentation du Force Annual Policing Plan 2026 and Strategic Plan 2026–2028, et ce après plus d’un an à la tête de l’institution. De beaux termes et un discours éloquent, capables de séduire même les plus intellectuels d’entre nous.
Or, ces discours, promesses et cette vision se heurtent brutalement à l’asphalte face à la réalité du quotidien. Cette réalité sombre qui se renforce à chaque nouvelle publication sur la toile. L’ironie, c’est que la police avait été utilisée par l’ancien CP, dont nous nous souviendrons pour de mauvaises raisons, pour terroriser le public, mais particulièrement les opposants politiques. Breach of ICTA, manifestation illégale, sédition, toutes les raisons étaient bonnes pour que la police intervienne, et cela avec force.
Depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement, nous avons finalement obtenu le calme, du moins, c’est ce que nous pensions. À quand remonte la dernière arrestation pour breach of ICTA ? Difficile à dire. Certains mauvais éléments au sein de la police semblent avoir été transférés. Mais l’institution, dans son ensemble, semble avoir emprunté la voie du « laisser-faire ». La grande question se pose : jusqu’à quand ? Combien de morts additionnels faudra-t-il sur nos routes pour finalement voir la mise en place d’un active road patrol, comme c’est le cas aux États-Unis ? Combien de temps encore devrons-nous attendre pour voir une force policière qui agit avec fermeté tout en restant indépendante ?
Le temps nous le dira…


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